L'angoisse de la page blanche - Manifeste pour la survie de la gauche

Publié le par Tonton

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Je ne pensais pas que cela puisse exister. Ou plutôt si, mais temporairement, comme une sorte de pression interne nécessaire à la fécondation des phrases qui naissent sous ma plume mon clavier. Pourtant ces derniers jours, impossible d'écrire, tout texte commencé me donnait la sensation d'être arraché de moi pour un résultat incomplet. Mes analyses me semblaient fades et sans hauteur de vue. À force de voir cette actualité politique sans cesse renouvelée, j'avais peur de perdre à mon tour de cette capacité à prendre du recul, à tel point que j'en avais presque perdu le goût d'écrire et de réagir. Les quelques lignes qui m'ont effleurées en fin de semaine dernière pour rendre un modeste hommage à ces adversaires qui me rejoignent aujourd'hui sont restées lettre morte. La sortie ratée de Raymond Barre après ses propos sur France Culture n'y était pas pour rien, bien que cet homme ait souvent su rester digne, dans ses combats comme ses idées. Ensuite les sujets potentiels se sont succédés sans que  je ne ressente le besoin d'en rajouter sur les multiples analyses qui fleurissaient ici et là de plus en plus prévisibles, pour tresser des lauriers au nouveau président ou continuer à le trainer dans la boue quoi qu'il dise ou fasse... J'ai suivi avec intérêt sa rentrée, la mise en place de la commission Attali, les réformes annoncées hier devant le Medef et surtout ce qui me semble être le signe le plus fort de la rupture engagée, la réduction du nombre de fonctionnaires... C'est  bien le chemin à emprunter et il faut un courage politique important et une habileté forte pour permettre d'avancer dans ce domaine.
À propos de la commission Attali,  j'ai été tenté aussi de faire une note sur la petite polémique qu'a engendré sa dernière note sur les économistes. Mais la haine aveugle et stupide me fatigue et la lecture de divers commentaires, sur le blog d'Olivier Bouba Olga notamment, m'a incité à traiter par le mépris tous les petits esprits incapables de mesurer le gouffre intellectuel qui les sépare d'un personnage comme Jacques Attali.
Pourquoi rompre le silence alors? Parce que la gauche démocratique en France, sans leader et sans idées, à la traine depuis mon départ, est en train de succomber au venin qui lui a toujours été fatal : la division attisée par l'égo de quelques uns et accompagné du refus de la modernité. C'est un Parti Socialiste en lambeau qui va faire sa rentrée à La Rochelle et tenir l'université d'été la plus atypique depuis sa création. Il est largement temps pour François Hollande de reprendre la liberté à laquelle il a dit aspirer, chaque jour de plus à la tête du parti constituant une sorte d'insulte à des militants désorientés, qui ont besoin de son départ pour commencer l'entreprise de rénovation. Mais non, Flamby s'accroche et après avoir conduit au désastre 2 fois de suite, pense que son calendrier miracle va résoudre tous les miracles. Claude Allègre l'a justement dénoncé cette semaine, cet homme autrefois brillant n'est plus qu'un magouilleur attaché à son poste, il faut impérativement qu'il s'en aille, de gré ou de force. Car chaque jour compte pour reconstruire quelque chose, et tant que le premier secrétaire reste le même, c'est du temps perdu.
Bien sûr, celui ou celle qui viendra après lui ne sera sans doute pas la solution à tous les problèmes. En effet, que ce soit Ségolène Royal ou un des jeunes lions (qualifiés assez justement de 'hyènes' selon Claude Allègre) qui s'impose, ce n'est pas forcément réjouissant au point de vue idéologique. Mais il est temps de tourner la page et de sentir un souffle nouveau. Il serait bon d'avoir une figure fédératrice pour effectuer le travail de rénovation, mais à défaut, au parti de se choisir une ligne et de s'y tenir. Sans doûte est-ce le seul moyen de faire émerger de nouveaux talents, écrasés aujourd'hui par les pesanteurs d'un vieux parti, qui rêvent d'en faire quelque chose.
Mon ambition social-libérale a bien entendu peu de chances à l'heure actuelle de l'emporter. Mais je sais que le prochain vrai leader de la gauche aura été élevé sous Sarkozy. Il se devra donc d'avoir compris toute la détresse de ce qui devrait être le peuple de gauche, tous ces gens modestes mais travailleurs, copieusement dégoutés par ce qui était devenu un parti de fonctionnaires, pour les fonctionnaires! La vie politique a été rénovée grandement cette année, à nous d'en faire de même avec la gauche!

Publié dans mitterrand.2007

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hanse 13/09/2007 16:27

argh!FM ,tel un Lazare ,est en train de sortir  à nouveau de son linceul sur le blog d'à côté!!trop fort les forces de l'esprit!un clone?...

pierre-yves caby 12/09/2007 10:38

Monsieur "Mitterrand" ;Je suis de droite, fervent militant de l'UMP et admiratif de Sarkozy. Mais ça ne m'empeche pas d'avoir beaucoup d'admiration pour Mitterrand, bien que je n'ai que 17ans. Et je trouve votre blog vraiment constructif, et objectif.Vous critiquez les dirigeants actuels du PS..c'est vrai qu'ils ne sont pas brillants...mais que pensez vous d'un Manuel Valls ? Il me semble intéressant...bien cordialement,Pierre-Yves CABY.

Aurélien 06/09/2007 22:15

La gauche doit se débarasser clairement de gens comme Bové et Besancenot et Buffet si elle veut être crédible. Là je pointe un des grands défauts de Ségolène Royal qui explique en partie sa défaite. Sinon je ne vois pas trop comment le PS pourrait rassembler et retrouver ses électeurs qui ont préféré voter pour l'actuel président de la république. Rassembler pour des alliances éventuelles une partie des Verts pour l'écologie et donner ainsi une image crédible de l'altermondialisme sans Bové et compagnie ainsi que le parti radical pour les réformes institutionnelles mais aussi économiques et sociales en laissant de côté le MRC et le PCF qui sont dans une logique souverainiste et moyen-âgeuse et qui discréditent la gauche de demain.Ne pas céder aux concessions et aux chantages de certains comme Mélenchon ou Emmanuelli qui voudraient rendre un PS très à gauche quitte à fricotter avec une partie de la gauche communiste dont une partie de l'extrême gauche éventuellement. C'est mon analyse personnelle bien que je ne suis pas spécialement de gauche.

Criticus 06/09/2007 19:14

Bonjour,Je vous invite à lire Criticus ( http://criticusleblog.blogspot.com/ ), membre du réseau de blogs "Kiwis, le Cercle des blogueurs disparus" ( http://cercledesblogueursdisparus.fr/ ).Bien cordialement,Roman B., Criticushttp://criticusleblog.blogspot.com/

Fabien-Pierre NICOLAS 06/09/2007 18:59

Explique moi pourquoi S. Royal, A. Montebourg ou G Gorce ne sont pas réjouissant d'un point de vue idéologique ?Ils ont l'intelligence de faire des emprunts aux meilleurs courants de pensée tout en composant un corpus digne du 21e siècle.Une once de sociale démocratie, un zeste de pensée altermondialiste, une bonne dose d'écologie moderne, un verre de réformisme institutionel etc... = une vraie gauche de demain !