Kouchner en Iraq

Publié le par Tonton

Bernard Kouchner lors de sa visite surprise à Bagdad, le 19 août 2007. | REUTERS/POOL© Reuters/Pool

Bernard Kouchner a effectué la première visite d'un ministre des affaires étrangères français en Iraq depuis la guerre entamée en 2003 par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et leurs alliés. Les commentaires les plus acerbes ont accompagné cette visite, notamment à gauche, ou Jean-Pierre Chevènement ou Noël Mamère ont pu utiliser l'anti-américanisme encore vivace en France pour distiller leur venin à l'encontre de ce déplacement. J'étais pour ma part sur une ligne proche de celle de Bernard Kouchner à l'époque, à savoir "ni la guerre, ni Saddam". J'estime que cette visite devait avoir lieu pour marquer une fois de plus, dans ce domaine fondamental qu'est la politique extérieure de la France, une rupture avec  les années Chirac. Les français n'ont pas encore réalisé que la position défendue d'Olivier Besancenot à Jean-Marie le Pen et porté avec le clinquant qu'on lui connaît par un Dominique de Villepin exalté, position toujours approuvée par nos compatriotes aujourd'hui, était stupide car elle ne permettait pas de négociation diplomatique. En poussant à une radicalisation des positions avec cette menace de veto surréaliste, les français ont précipité la guerre et joué pour beaucoup dans l'impréparation qui l'a accompagnée, ne rendant de service à personne. Il n'est de pire ignorant que celui qui refuse de voir la réalité en face, c'est bien selon ce principe que Jacques Chirac a gouverné le pays en suivant le peuple et flattant ses bas instincts (notamment sur l'Europe avec les résultats que l'on connait). Aujourd'hui, il semblerait que toute une certaine élite, anti-sarkozyste par principe, ait réussi à convaincre jusque dans les rangs réputés à droite, les chroniqueurs et bloggeurs qui s'expriment le plus, que Nicolas Sarkozy était en train de se 'chiraquiser' et qu'au fond sa rupture n'était que du vent. Je suis moi même déçu qu'il ne soit pas possible de réformer plus vite, notamment en ce qui concerne le service minimum ou la diminution du nombre de fonctionnaires.  Pourtant, tout a changé, la pratique du pouvoir, comme les réactions des français depuis que le nouveau président est entré en fonction. Il y a beaucoup de points, notamment sur sa manière de communiquer sur lesquels on peut émettre des doutes. Mais au fond, comment peut-on lire ici et là tant de commentaires déplaisants sur chacun des faits et gestes du président pour ses 100 premiers jours? Qu'il agace, soit, c'est indéniable. Mais il faudra juger l'efficacité et sur ce plan là, j'ai espoir qu'on continue à voir de bonnes choses. Dans un pays si sclérosé que chaque mouvement est 'sur-analysé' et constamment critiqué, il  y a quand même un certain plaisir à voir les choses bouger petit à petit.  L'Iraq est un symbole fort, mais pendant ce temps, la politique industrielle qui commence à se dessiner  à des contours ambitieux et devrait permettre de relancer les investissements, ce qui est primordial pour l'économie du pays et la croissance. D'autre part, la mission dont Jacques Attali a pris la tête devrait faire des pronostics utiles et qui dépasse les clivages habituels pour enfin remettre le pays sur les rails. Nous vivons une période exaltante, je vous invite donc, chers lecteurs, ainsi que mes confrères chronico-bloggeurs à un peu d'optimisme pour cette rentrée!

Publié dans mitterrand.2007

Commenter cet article