La rupture

Publié le par Francois MITTERRAND

Bonjour chers lecteurs estivaux,



Je vois que mon point de vue sur l'héritage vous a inspiré, je sais que c'est un sujet extrêmement sensible en France et que  les idées que je défends sont minoritaires dans le pays. Pourtant, c'est un point de vue honnête et sincère et je ne veux qu'inviter au débat et à la réflexion, pas aux conflits entre personnes, encore moins entre "classes". Je sais toute l'importance de la paix civile et la difficulté qu'il y a à gouverner la France, je ne manie pas de sujets comme celui-ci à la légère et je crois vraiment qu'il est bon de s'interroger parfois sur la nature profonde des principes qui inspirent une politique. Celle de Nicolas Sarkozy en la matière, ainsi que sur de nombreux domaines fiscaux est classique à droite et son inspiration n'est pas libérale comme le commentent à tort certain. Pourtant, il serait ridicule de réduire à ces vieux réflexes certes contestables, la mini-révolution qui est en train de se produire à l'échelle du pays depuis le 6 mai dernier. Car si je ne vais pas parler des jolies images du week-end, je pense que la vraie rupture est en marche et je m'en félicite.
Tout d'abord, j'entends que vous soyez convaincu que Nicolas Sarkozy n'est pas l'homme dont j'aurais rêvé pour effectuer cette entrée véritable de la France dans le IIIème millénaire (et non Empire comme disent les mauvaises langues et les plumes assassines). En fait celui en qui j'avais placé quelques espoirs s'est lui même sabordé avec sa position irresponsable lors du référendum sur le Traité Constitutionnel Européen. C'est donc un autre, pas de mon camp, mais pas totalement du leur non plus, ce qui n'est déjà pas si mal, qui a la lourde charge de mener le pays vers les changements profonds dont il a besoin. Il doit prendre garde à de nombreux écueils  et ne surtout pas perdre de vue que la plupart de ce qu'il a le pouvoir d'impulser doit l'être dans les 100 premiers jours. L'effet de grâce qui se constate aujourd'hui encore lui donne des droits, mais avant tout le devoir d'écouter tous les français et de les bousculer, eux qui sont si conservateurs, en "douceur". C'est ce qu'il a fait d'une façon inédite à droite - comme à gauche - avec ce concept si particulier "d'ouverture". Pour moi qui ait connu de si près "l'état RPR" et son emprise aussi forte dans les rouages du pays que celle du poison communiste ailleurs, je dois avouer que c'est une surprise de taille. J'entends d'ailleurs nombre de petits marquis qui ont été élevés dans cette culture pester aujourd'hui contre ce président irresponsable et lui préparer des lendemains qui déchantent ou toute sorte de vengeances. L'électorat lui même est parfois déboussolé et il fallait du courage pour ne pas céder au conformisme sur le sujet. Le désormais fameux Patrick Devedjian avait le premier laissé deviner son amertume par sa phrase fameuse laissant espérer que l'ouverture aille "jusqu'aux sarkozystes". Et bien malgré les pressions de ses amis et la haine des représentants du Parti Socialiste qui ne voient en lui que calcul et posture - sans doute vexés de ne pas avoir entendu leur téléphone sonner car trop médiocres pour cela - j'admire le courage et la lucidité qu'il a fallu à un homme de pouvoir pour  s'ouvrir de la sorte. Nicolas Sarkozy a privilégié la compétence de personnes qui ont voté pour son adversaire le 6 mai comme Bernard Kouchner, Jean-Marie Bockel, Dominique Strauss-Kahn ou  le très admirable Martin Hirsch, personnage capable de demander à toucher 35% de moins qu'un secrétaire d'État traditionnel pour effectuer son poste de haut commissaire aux solidarités actives, plutôt que de s'entourer de petits serviteurs qui n'auraient eu de cesse d'attendre le meilleur moment de le trahir lorsque sera venu le temps de l'impopularité. On ne m'enlèvera pas de l'idée qu'il fallait du courage pour faire ce choix, et un grand sens de la persuasion pour convaincre des gens aussi talentueux.
Alors certes, certaines facettes du personnage peuvent irriter, le 'Guaino-style' peut laisser froid (moi j'y suis sensible, au moins quelqu'un qui a quelques notions d'histoire de France, cela change des discours de Chirac!), la communication trop abondante sur des questions d'image peut choquer, mais ce n'est qu'un simple rattrapage de ce qui se fait dans les démocraties modernes! Est-ce à dire que le fond n'aura plus d'importance? Je ne le crois pas. Des résultats tangibles viennent régulièrement souligner que malgré des options discutables, notamment en politique intérieure, avoir à la tête de l'état un homme énergique et un fin négociateur est souhaitable pour le pays. Cela s'est vu lors du mini-traité, cela va je l'espère continuer sur la scène européenne, avec aujourd'hui un accord sur Airbus et je l'espère une explication franche avec une Angela Merkel un peu refroidie par "son ami" Nicolas. Pendant ce temps là, le gouvernement quoiqu'on en dise travaille, Kouchner avec sa réunion sur le Liban, Hirsch qui veut enfin lutter efficacement contre la pauvreté, Darcos a "alléger" une Éducation Nationale coûteuse et de moins en moins efficace et Pécresse a relancer l'enseignement supérieur, Dati à la réforme de la justice, malgré les batons qu'on cherche à lui mettre dans les roues etc... C'est donc bien  une période importante de l'histoire de France que nous vivons en ce moment, un peu comme en 1981 et plutôt que de se bander les yeux, les opposants au régime feraient bien de donner de la force à leur critiques en admettant les points positifs que toute personne non dogmatique et/ou sectaire ne peut manquer d'analyser. Cela était vrai au défilé européen samedi et cela n'empêche pas d'être critique par ailleurs. Simplement, cela donne du poids à des critiques qui n'en ont plus lorsque systématiquement TOUT est mis au pilori. Français, vous avez déjà jugé le 6 mai;  vous avez depuis grandement amplifié votre soutien d'après les sondages et suite à l'incroyable refus du Parti Socialiste de se remettre un tant soit peu  en question. Il faut conserver cet à priori bienveillant, tout en restant scrupuleux sur le fond et ne pas hésiter à signifier au pouvoir quand il se trompe, comme lors de la communication un peu "arrangée" suite à la visite à l'eurogroupe... Mais refuser de participer à titre individuel aux efforts dont le pays a besoin et qui nécessitent un investissement de tous les français, c'est le meilleur moyen d'aller vers l'échec, qui serait cette fois, vraiment la marque du déclin de la France. Personne ne le veut, essayons de rester unis sur quelques valeurs essentielles à notre nation, tout en gardant celles qui sont les nôtres à titre individuel. Cela, vraiment, rendra beaucoup de choses possibles!

Publié dans mitterrand.2007

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Don 17/07/2007 18:28

Zut, me suis trompé de blog.Ce Tonton n'est qu'un faux nez derrière lequel se cache le p'tit Nico.Pffffffffffff

Francois MITTERRAND 17/07/2007 18:39

Si vous recherchez le blog Montebourgeois, il est bel et bien mort, je ne peux faire grand chose pour vous... Bon vent Monsieur!

arno 17/07/2007 17:18

Venez débattre sur Mon blog qui est le suivant: http://segoleneroyal2012.over-blog.fr/ Et dès maintenant,abonnez vous en grands nombres à la Newsletter.Venez nombreux voir ce blog malgré vos appartenance politique,il est ouvert à tout le monde. Je compte sur vous!!!

Francois MITTERRAND 17/07/2007 17:22

Hello Arno,Cela ne me dérange pas que tu fasses de la pub, mais ça serait sympa qu'en contre-partie tu prennes au moins le temps de lire un peu les posts et de les commenter. Cela inciterait peut-être plus les gens à visiter ton site, tu ne crois pas??Bonne journée.

hanse 17/07/2007 13:53

Je suis d'accord avec vous: la vérité n'est ni à droite ni à gauche :elle est tantôt à droite ,tantôt à gauche,et l'on reconnait l'homme sectaire au figé de sa position...Bravo et merci pour vos corrections et ,surtout ,l'humilité avec laquelle vous avez accepté mes (trop) acerbes-et ,j'avoue, déplacées- remarques "l'humilité est l'antichambre de toutes les perfections!"Continuez,malgré les tireurs embusqués!

Francois MITTERRAND 17/07/2007 14:45

J'aurais quand même tendance à préférer à titre personnel quelques valeurs traditionnellement "de gauche". Après, en étudiant l'histoire, on reconnait chez les républicains américains du XVIIIème siècle un côté plus progressiste que chez les démocrates d'alors. Cela s'est plutôt inversé par la suite. Il y a de nombreux autres exemples qui prouvent à mes yeux qu'il faut se méfier quand on parle de droite et de gauche.Merci en tout cas de vos commentaires,Très cordialement.

hanse 17/07/2007 11:38

A vous lire,je finis par me demander si vous n'êtes pas un sous -marin de droite...

Francois MITTERRAND 17/07/2007 11:47

Bonjour cher correcteur,Vous n'êtes pas le premier à vous poser la question... De mon vivant, déjà, on m'a attaqué de toute part, notamment sur ce qu'on a nommé le 'tournant de 1983'.Pourtant je parle, aujourd'hui comme hier, en homme libre. Je continue de combattre le sectarisme, l'esprit clanique, les querelles de chapelle. Il y a du bon partout, Bayrou n'avait pas tort, il devrait se féliciter que le président ait repris cette idée à son compte. Mais il y a aussi du mauvais, des idées à combattre, à gauche comme à droite. Ce sont tous les conservatismes, qui de la haine du progrès d'une partie de la gauche à l'égoïsme de la droite traditionelle, forment un tableau noir en France des points que je combats. Le débat sur le TCE a bien montré ce phénomène et à quel point, pour aller de l'avant, il vaut mieux unir les gens modérés et raisonnables que cet épouvantable réunion des extrèmes, qui au final, a triomphé...

mic90 16/07/2007 23:23

une chose est certaine, personne ne pouvait imaginer il y a 1 an (SR était la favorite des sondages et NS présenté comme un facho limite extrème droite) ce que nous vivons depuis 2 mois!!!on verra dans 1 an ce qu'il en reste, mais pour le moment il surprend tout le monde et les français, même de gauche, le suive même su r la limitation ou l'encadrement du droit de grève.

Francois MITTERRAND 17/07/2007 11:49

Car, d'une façon différente de la mienne, il a réussi lui aussi à les convaincre de la nécessité du changement. Cela ne durera pas bien sûr, mais il faut repérer ces périodes, rares dans l'histoire de France et espérer qu'il en fera bon usage.Cordialement.