DSK au FMI

Publié le par Francois MITTERRAND

Dominique Strauss-Kahn©AFP

Ainsi c'est quasiment fait, Dominique Strauss-Kahn est en piste pour la présidence du FMI, soutenu par les 27 de l'Union Européenne et vraissemblablement par les États-Unis, "redevables" de Bruxelles après la nomination du nouveau président de la Banque Mondiale.
Cette nomination probable est-elle une bonne chose? Pour le FMI, sans doute qui se doterait ainsi d'un homme d'expérience, un des meilleurs ministres des finances des 30 dernières années en France. Il pourrait ainsi aider l'organisme à faire face aux principaux défis qui s'ouvrent devant lui et notamment favoriser le rôle des pays émergents. Pour DSK lui même, il y a bien entendu du pour et du contre. Il peut profiter de cette place d'exception pour en tirer une légitimité internationale supplémentaire. Cependant, le FMI est loin d'être la place idéale pour conquérir la gauche et la convaincre petit à petit d'abandonner ses doctrines ringardes et son regard sur le monde vieux de plus de 30 ans, quand ce n'est pas d'un siècle du côté de l'extrème-gauche. S'il espère garder ses chances de devenir Président de la République en 2012, Dominique Strauss-Kahn devra continuer à peser dans le débat français, ce qui ne sera pas chose aisée depuis Washington! Pour la gauche enfin, c'est clairement une mauvaise nouvelle. En effet, la plupart de ses meilleurs éléments, les hommes et les femmes d'expérience ont semble-t-il quitté le radeau du Parti Socialiste à l'heure ou la rénovation reste à faire. Il y a donc fort à parier que le grand combat qui arrive ait bien lieu comme pressenti il y a quelques semaines entre Bertrand Delanoé (qui s'exprime de plus en plus sur les questions nationales) et Ségolène Royal qui croît toujours que sa bonne étoile peut l'emmener vers "d'autres victoires" (sic!). Je l'ai dit, dans les jeunes, ma préférence va à celui qui me semble le moins sectaire, Manuel Valls. J'estime qu'il devrait dès aujourd'hui se rapprocher du maire de  Paris pour commencer à réfléchir au meilleur moyen de proposer une motion qui l'emporte devant les militants, avec une ligne sociale-démocrate claire, afin de préparer le parti au social libéralisme avec 15 ans de retard par rapport à la Grande-Bretagne (à lire, l'excellent ouvrage d'Alastair Campbell, The Blair years). Mais la politique est plus complexe et le combat qui s'annonce long et délicat. Si seulement les socialistes lisaient des extraits du livre de Campbell sur Blair, peut-être comprendraient-ils à travers des exemples comme le débat sur la clause 4 de la charte du Labour que les problèmes qui les rongent sont ceux qui ont animé les travaillistes britanniques dans les années 1980-1990. Eux s'en sont sortis grâce à Tony Blair notamment, secondé par Gordon Brown en matière économique, un attelage de choix pour créer une gauche moderne. Qui permettra à nos socialistes de sortir de l'obscurantisme?

Publié dans mitterrand.2007

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julia 49 04/08/2007 19:53

moi je le trouve bien ce Manuel Valls !!

Elliot 11/07/2007 02:42

"la convaincre petit à petit d'abandonner ses doctrines ringardes et son regard sur le monde vieux de plus de 30 ans, quand ce n'est pas d'un siècle du côté de l'extrème-gauche"Ces propos montrent toute l'imposture de votre emprunt de François Mitterrand.Vous ne connaissez pas ce qu'est la gauche.Et comme toute personne qui se veut "moderne" et (je dirais même, avec, je le sais bien car je l'entends à longueur de temps, tout mon sectarisme de gauche) anti-gauchiste primaire, vous êtes convaincu d'être le mieux placé pour savoir ce que doit être la gauche.Incroyable l'intérêt qu'ont pour nous ces bons garçons éduqués, polissés, empruntant un verbe haut pour nous peindre de merveilleux tableaux d'une gauche idéale, "raisonnable", "pragmatique", "moderne", qui font s'endormir paisiblement les mémés sur leur matelas de billets, les bronzés chaînés d'or au son des roulis des vagues caressant leur yacht, les winners sur leur fauteuil en cuir après quelque repas bien arrosé autour d'un contrat qui permettra à quelques centaines d'ouvriers d'avoir enfin du temps libre.Les "meilleurs éléments" s'en vont ?Certes le Parti Socialiste se porte mal mais ne croyez qu'il soit vide de toute idée capable de conduire la France et l'arracher de mains bien trop fiévreuses de tenir un jouet.Et si vous comptez sur lui pour se dénaturer au point de trouver grâce à vos yeux, je vous suggère de laisser là vos conseils et votre intérêt pour nous et d'agir, dans la vraie vie, avec des gens qui ont vos idées.Vous serez plus utile, même pour nous.

Francois MITTERRAND 11/07/2007 17:22

François Mitterrand - le vrai - n'était pas sectaire. J'utilise ce nom avec humilité et bien conscient qu'on ne peut extrapoler ce qu'il penserait aujourd'hui, mais bien persuadé par contre que sa finesse d'esprit et sa grandeur font aujourd'hui défaut au PS et à la gauche en général. Je pense connaître la gauche, et c'est pourquoi je suis désespérer de la voir dans cet état. J'espère sincèrement qu'elle trouvera les moyens de se relever, mais j'ai bien peur que cela soit très délicat et qu'il y faille une génération au moins tant l'environnement idéologique des années 1970 pourrissent encore les débats. Quand à ce qui concerne mon action, elle me regarde, j'estime qu'écrire est déjà un combat, je ne détaillerais pas les autres.Cordialement.

Banquise Tropicale 10/07/2007 17:01

Qui? Delanoe? Un nouveau? Je plains le PS qui risque surtout de tomber aux mains voraces de MSR.. 10 ans de purgatoire?