Quelques pensées libres

Publié le par Francois MITTERRAND


René Girard est un philosophe qui se définit comme un 'anthropologue de la violence et du religieux". Il est volontairement ignoré par les programmes scolaires avant la classe préparatoire. Il a consacré sa vie de chercheur à étudier et expliquer la mécanique sacrificielle en marche dans le monde moderne. Il l'a caressé avec le concept du bouc émissaire et a étudié Shakespeare comme personne. Dans un de ses derniers ouvrages, Je vois Satan tomber comme l'éclair, il nous livrait son analyse de la guerre entre le bien et le mal et de la façon dont ce dernier savait de plus en plus se parer des habits de vertu du bien, par exemple dans le système communiste ou dans les courants de pensée anti-mondialistes depuis la fin du siècle dernier. Son analyse des écritures, révolutionnaire, est terriblement moderne et sa vision du monde et du futur, qui se veut optimiste, donne un immense espoir dans la nature humaine. Il a été reçu à l'académie française en 2005 ou il a fait un discours de réception remarquable, qui a provoqué une extraordinaire réponse de Michel Serres.

Pourtant lui voit, ou espère voir, la chute de Satan, c'est à dire, avec la fin du communisme, un espoir d'un ordre nouveau pour l'humanité. On a eu malgré tout la démonstration ensuite que la mécanique sacrificielle n'était pas pour autant en recul suffisant, et que de nouvelles menaces, terroristes, sociétales et environnementales pouvaient prendre une place à part dans le nouveau désordre mondial.

Alors que faire? La gauche française me fatiguant ces temps derniers, j'ai eu envie de réfléchir à des propositions globales. Il semblerait que la priorité des priorités à l'échelle du monde, c'est la misère en Afrique et dans une partie de l'Asie. Il faut savoir à l'échelle globale renforcer le pouvoir de l'Onu et des autres institutions internationales pour favoriser micro-crédit et action d'aides concrètes pour sortir le tiers-monde de cette misère qui devrait nous faire honte. Le dernier sommet du G8 a débouché sur un accord important en ce qui concerne l'aide aux pays les moins avancés, il faut surveiller en tant que citoyen et pousser les journalistes à enquêter sur le débloquage de ces fonds et leur utilisation. Peut-être, que sans sacrifier la majeure partie de son opulence, le monde occidental pourrait ainsi œuvrer à ce qui permettra de mettre en place des institutions mondiales à échelle de 100 ou 150 ans, qui gouverneront avec à l'esprit le bien être de la planète toute entière. C'est proche de ce que Jacques Attali espère avec l'avènement de "l'hyper-démocratie".
Avant d'en arriver là, nous devrons renforcer les alliances internationales existantes, Alena, Asean, UA, UE... Ces organisations devront être de plus en plus fédéralistes, mais avec une régionalisation assez poussée pour laisser les peuples décider des choix politiques locaux. Ils seront aussi en permanence sondés par les pouvoirs fédéraux pour doser les efforts en matière d'éducation, de recherche, de protection sociale...
C'est pourquoi j'ai foi en l'avenir, tout en mesurant les défis qui nous attendent (la période qui précède "l'hyper-démocratie" risquant d'être celle de "l'hyper-empire").

Publié dans mitterrand.2007

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hanse 05/07/2007 17:24

"Il l'a caressé avec le concept du bouc émissaire et a étudié Shakspeare comme personne."...Bon:c'est le Robert des noms propres qu'il vous faut...