"La France est de retour en Europe"

Publié le par Francois MITTERRAND



"La France est de retour en Europe" promettait le président élu le soir du 6 mai. Après un sommet européen délicat, force est de constater que Nicolas Sarkozy n'avait pas menti. Un accord est intervenu à l'arraché et le nouveau Président a joué un rôle important dans les négociations, imposant sa méthode et faisant tourner les discussions autour de son projet de mini-traité. Il a aussi fait des propositions de concessions et a eu l'idée excellente des entretiens privés avec la Pologne et le Royaume-Uni pour trouver un accord.

Voter oui le 29 mai 2005 aurait incontestablement fait gagner des années à la France et à l'Europe. Le texte rejeté par les français, aveuglés par la démagogie populiste de certains, mais que 18 pays avaient projeté d'adopter était un bon texte. Après ce non dramatique, tous les européens convaincus (et pragmatiques) ne peuvent que se réjouir de ce plan B inespéré, qui s'il ne contient pas toutes les avancées du TCE, si certains symboles ont du être mis de côté, va permettre de progresser en terme de gouvernabilité européenne.
Quand certains responsables du PS osent dénoncer un "petit accord, porteur d'une Europe à minima", alors que le non de gauche a pesé d'un grand poids sur le résultat du référendum, cela démontre une cécité grave. Que n'étaient-ils présents pour faire garder le silence à Laurent Fabius, Henri Emmanuelli, Arnaud Montebourg et autres inconscients, non respectueux du vote démocratique du Parti? Seul Dominique Strauss-Kahn à ma connaissance a su raison garder en déclarant qu'il s'agissait d'une
"bonne base de travail" et que Nicolas Sarkozy avait "plutôt bien travaillé" pour aboutir à ce "mini-traité".
Julien Dray, porte parole du Parti Socialiste a lui clairement franchi la ligne jaune en n'excluant pas un rejet par le Parlement de ce projet de Traité Simplifié puis en déclarant que l'accord n'était
"que la simple continuation de la dérive libérale de l'Europe". Outre l'utilisation absurde du terme "libéral" en repoussoir, alors que ce qui importe au contraire, c'est l'appropriation du libéralisme par la gauche en France, ces propos cherchent à jouer à nouveau sur les passions perturbées des français vis à vis de l'Europe. Pourtant Nicolas Sarkozy n'a fait que ce pour quoi il avait été élu. Il avait clairement déclaré avant les élections que cette solution lui semblait la seule de nature à faire sortir l'Europe de l'ornière, il arrive à un compromis et tient donc sa première promesse. Une opposition mature et responsable ne peut que s'incliner devant son talent diplomatique, avant de passer au sujet  suivant. La gauche française, elle, alors que l'avenir de la France en Europe est en jeu de façon quasi définitive cette fois, se permet de jouer un jeu dangereux, qui prouve que les dérives national socialistes qui avaient surgi au moment du référendum ne sont pas toutes refermées. Il faut surveiller ce qui se passe ensuite, car après le feuilleton du faux couple Royal/Hollande (qui a d'ailleurs continué ce week-end), il ne manquerait plus que la gauche se transforme en fossoyeuse du projet européen!

Publié dans mitterrand.2007

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hugues 27/06/2007 03:50

Comment peut-on être européen et accepter que la regle de l'unanimité, qui bloque toute decision, soit encore valide pour 10 ans ?
C'est pathétique.
Qui dit qu'on en revotera pas encore un mini mini traité d'ici là ?

ropib 26/06/2007 13:54

On ne pourra pas sortir de la crise, c'est cela qu'il faut comprendre. L'Europe est une crise, mais je dirais que de manière générale nous rentrons, si nous acceptons ce mouvement historique bien sûr, dans une phase de crise répétée puisque petit à petit la population commence à s'assumer propre à toute existence. Quel est le problème de la crise? Il ne faut pas avoir peur de soi et l'existence n'est pas confortable.Si bien sûr j'ai suivi la campagne du oui, bien sûr j'ai entendu la propagande généralisée de médias un peu poussifs (comme partout dans le monde). Vous devez un traité moins bon que le TCE aux nonistes mais les nonistes doivent un TCE pas bon aux ouistes. Qui a écrit ce TCE ? Avec quelle légitimité ? Suivant quel mandat ? Cette "constitution" européenne était-elle adressée aux européens ou aux pays européens ? Elle constituait quoi et par rapport à qui ? Quel était son domaine d'action collective ? Comment pouvait-on s'y projeter ? Quelle articulation offrait-elle entre l'identité d'un groupe et l'identité de l'individu ?Bien sûr Sarkozy a proposé de revenir sur l'identité de la France pendant sa campagne (projet abandonné apparamment), ce qui était pourtant une bonne idée. Mais il proposait cette idée parce qu'en attendant d'en trouver une pour l'Europe (je sais bien que c'est une problématique difficile) il fallait bien faire patienter les citoyens qui commencent à se demander pourquoi ils vivent ensemble et si accepter l'autre a un encore un sens.Il y a eu de grandes erreurs dans ce TCE et la majeur était de dire qu'il était indiscutable. Aujourd'hui il est discuté, il le sera demain encore. L'erreur était théorique puisque personne n'est intéressé par l'indiscutable, et "pragmatique" puisque les faits la réparent.

cagaby 26/06/2007 13:48

invitation à venir visiter le blog de l'association (LES FIANCES DU XXI SIECLE)apportez votre soutien.il s'agit de la lutte contre l'alcool et la violance au volant. l'adresse est la suivante "myspace.com/pierreetjulie"dans ma famille je compte 3 décés en 11 mois,c'est3 de trop pour l'année 2006.

ropib 26/06/2007 12:53

"Le texte rejeté par les français, aveuglés par la démagogie populiste de certains, mais que 18 pays avaient projeté d'adopter était un bon texte. Après ce non dramatique, tous les européens convaincus (et pragmatiques) ne peuvent que se réjouir de ce plan B inespéré, qui s'il ne contient pas toutes les avancées du TCE, si certains symboles ont du être mis de côté, va permettre de progresser en terme de gouvernabilité européenne." Qui dit que c'est un bon texte ? La campagne pour le oui on l'a déjà eu et on n'a eu droit qu'à ce genre d'argument. C'est un bon texte autant que c'est un mauvais texte dans ce cas et on est en droit d'attendre qu'un texte soit bon. D'autre part le fait que 18 gouvernements trouvent un texte bon sans pouvoir expliquer pourquoi à leurs citoyens ne me semble pas être un bon signe.Qu'est-ce que le pragmatisme ? Seul un diagnostic peut être pragmatique, une action "pragmatique" est basée sur une idéologie puisque la projection dans le futur est pensée comme objective. Ce simple mot fait beaucoup de mal à la politique et il est utilisé par trop de personnes ambitieuses désireuses d'argumenter le moins possible.Je note sinon qu'en effet, comme attendu, un plan B est possible. Gageons que l'accord trouvé n'est d'ailleurs pas ce plan B mais simplement l'idée qu'il y en a bien un qui sera trouvé.

Francois MITTERRAND 26/06/2007 13:19

Il me semble que vous n'avez pas eu accès aux arguments de la campagne pour le oui, ce qui expliquerait aussi en partie que vous ayez voté non... Les 18 gouvernements qui ont trouvé le texte bon ont su pour certains très bien expliquer à leur peuple que c'était un bon texte, puisque ces mêmes peuples, moins aveuglés que les français ont approuvé par référendum dans certains pays le texte en question!Le plan B est effectivement en marche, mais il est MOINS BON que ne l'était le TCE et nous le devons aux nonistes. C'est dommage, mais il importait de sortir de la crise européenne.Cordialement.

comédien 25/06/2007 19:27

J'oubliais de confirmer que DSK avait bien reconnu que c'était plutôt positif. Il a fait un service minimum mais il l'a reconnu. C'est honnête.
Manquerait plus que Kouchner réussisse à décoincer le Darfour pour que nos fossiles du PS s'étranglent de rage (sans penser aux morts bien sûr).
Quel spectacle lamentable. Plutôt que de reconnaître le succès de Sarkozy puisqu'ils n'ont pas à maintenir les miltants chauffés à bloc car il n'y a plus d'élections, ils pourraient assumer des vraies responsabilités politiques en expliquant que c'est bien, mais qu'il faudra être vigilant, etc.

On a eu la droite la plus bête du monde, je crains que ça tourne !