Interview DSK, fin d'Arrêt Sur Image

Publié le par Francois MITTERRAND

http://www.dsk2007.net/IMG/dsk_31.jpg

Dominique Strauss Kahn était ce matin l'invité de Jean-Michel Aphatie sur RTL. Il a déclaré à propos des  français "les problèmes qui sont les leurs, c'est ceux de 2007, les réponses [que nous leur apportons au PS] ont 10 ans voire 20 ans d'âge".
Je crois que ce diagnostic est juste, il ressemble en tout cas à ce que je m'échine à essayer de défendre ici depuis plusieurs semaines!
De plus il a annoncé ensuite - en off, mais JM Aphatie le raconte sur son blog - qu'il allait démissioner du conseil national du Parti Socialiste. Cette décision risque de lui redonner une liberté appréciable, qu'il pourra peut être utiliser à bon escient pour décomplexer la gauche, de la même manière que Nicolas Sarkozy a su aider la droite. Il est temps de l'aider dans cette voie car la rivalité ancienne qui le lie et l'oppose à Laurent Fabius va connaître son moment de vérité . Soit ce dernier comprend qu'il n'est majoritaire, ni au PS, ni auprès des français, que comme Alain Juppé, il souffre d'un déficit de sympathie malgré son incontestable stature intellectuelle et politique. Il peut alors enterrer la hache de guerre en se disant qu'il peut se passer des choses en 5 ans et que ce qui importe à l'heure actuelle, c'est surtout de ne pas laisser Ségolène Royal prendre le contrôle du Parti. François Hollande qui au fond de lui est aussi un réformiste, ne pourra que suivre et se venger ainsi des mois de provocations qu'il a endurés pour n'avoir pas su juguler le phénomène créé par son ex compagne. L'intérêt de la gauche, c'est d'abandonner la défense exclusive des petits fonctionnaires, déjà protégés, pour l'étendre aux classes ouvrières de la société notamment, qui ne vivent pas bien ce qu'il convient de nommer "l'assistanat". La défense du travail, DSK l'a confessé ce matin, n'est pas traditionnelle à gauche, tout du moins en France. Pourtant, il faut voir les réalités en face et traiter le "problème de l'offre", ce qui signifie notamment réinvestir dans la recherche, l'innovation et y associer une culture du résultat.
Le diagnostic d'une interview de 10 minutes est bien entendu insuffisant, mais après ses 3 longues chroniques dans Le Nouvel Observateur, M. Strauss Kahn montre une nouvelle fois qu'il est le seul à gauche à oser dire les choses comme elles sont et à ne pas développer une réthorique archaïque dans des buts populistes.

http://www.vip-blog.com/medias/0606/718783Sanschrtitre5.jpg


En quelques mots, je voulais aborder la décision de la direction de France Télévision de supprimer Arrêt Sur Image. Cette émission avait un rôle indéniable à jouer pour aider à décrypter les médias de l'intérieur. Pourtant, si on ne peut se réjouir de l'arrêt de cette émission - tout du moins lorsqu'un autre concept proche n'a pas été annoncé - la défense offensée de
Daniel Schneidermann permet de prendre la mesure du personnage et de son égo.
Il était délicat de continuer une telle émission qui doit être plutôt impartiale avec un présentateur aussi engagé dans une propagande, sans doûte aussi forte que celle qu'il dénonce de la part du nouveau pouvoir présidentiel... Autant on pouvait apprécier celui qui était encore un jeune homme qui osa se défendre dans les colonnes du Monde Diplomatique contre les aberrations de Pierre Bourdieu, autant l'homme qui prend à parti Alain Duhamel est beaucoup moins respectable et la réponse qu'il s'attire méritée. Pourtant c'est peu ou prou à cette période qu'il devient le plus désagréable et cherche à assimiler la mission "sacrée" d'Arrêt sur Image avec celle toute aussi sacrée (pour lui) de Monsieur Schneidermann... C'est ce qui lui permet sur son blog de prendre à parti tous les dirigeants de la chaine de façon publique après avoir fait quelques supputations douteuses avant même l'annonce officielle de la suppression de son émission. Arrêt sur image n'est plus, espérons que le concept trouve un repreneur. Daniel Schneidermann est licencié et ça n'est pas un drame, le service public n'a pas besoin de donneurs de leçons perpétuels!

Publié dans mitterrand.2007

Commenter cet article

Gab, 10/07/2007 19:43

Bonjour,J’essaie de récupérer sur internet le maximum d’extraits de l’émission , j'en ai déjà centralisé plusieurs, des extraits et émissions à voir ou à revoir tout à fait librement, à cet endroit:http://www.arretsurimages.orgTrès cordialement,Gab,

ropib 22/06/2007 18:59

Il est vrai que ASI est finie. Et je suis d'accord pour dire que ce n'est pas un drame. Je fais une parenthèse néanmoins pour dire que je n'ai justement jamais vu une seule autre émission dans la remise en cause avec des nombreuses tentatives, des expériences toutes différentes et des professionnels (tous) engagés dans ce processus autocritique. Il y a le médiateur sur France 2 qui fait ce travail de retour (au passé peut-être ? je ne regarde plus la télé) mais de manière bien moins poussée.A en croire ce que j'ai lu dans le blog d'Alain Juppé, peut-être sur un autre plan, non le sujet des médias n'est pas réglé loin de là. Tout comme certains processus de management français assez peu modernes. ASI non seulement suivait un concept intéressant (qui peut tout à fait être repris par d'autres et complétement autrement) mais en plus n'allait pas du tout suffisamment loin, faute de moyens à mon avis. Mais bon, on verra bien, je n'ai pas bien peur et je sais que tout cela ne va pas tarder à finir pour des raisons techniques. Je m'interroge quand même sur la capacité des entreprises françaises à se projeter dans ce mouvement.

ropib 22/06/2007 17:27

"Daniel Schneidermann, par ses sous-entendus a lui même dénoncé une interférence politique" Il n'a pas dénoncé, il a sous-entendu une possibilité. Ce en quoi il a raison, elle est possible puisque d'autres sont par ailleurs avérées. En revanche il dit bien que ce n'est pas pertinent et il dénonce sa direction. Par rapport au timing... on ne peut qu'observer. On peut bien sûr parler de coïncidence. Encore une fois une telle coïncidence et une politique certaine (et normale non ?) des directeurs de chaîne peut se faire sans qu'aucune pression n'ait eu lieu de manière directe du gouvernement."Ensuite être "donneur de leçon" n'a rien à voir avec être pédagogue..." Je regarde leçon et pédagogie dans le dictionnaire (http://www.cnrtl.fr/lexicographie/, que je conseille d'ailleurs) et je trouve que la pédagogie est la science de l'ensseignement et "Séance d'enseignement donnée par un maître" pour leçon dans le sens propre à l'enseignement."Enfin en ce qui concerne l'émission, j'estime, peut-être à tord, que les prises de positions trop fortes de son animateur vedette n'étaient pas de nature à crédibiliser sa démarche." Il y avait vraiment très peu de prises de position de sa part pendant l'émission, au contraire de rubricards qui étaient à gauche pour certains ou à droite pour d'autres. Je suis étonné que vous ne puissiez pas mieux voir les clivages. D'ailleurs aucun professionnel n'a remis en cause la crédibilité de l'émission en elle-même je crois."Comment être pédagogue d'un côté et dénonciateur perpétuel de l'autre?" La pédagogie dénonce nécessairement une manipulation en déroulant son fonctionnement. Décryptage, pédagogie... si l'objet analysé propose un discours et un comportement et que ceux-ci ne sont pas en phase, il y a dénonciation nécessaire et du fait même de la description. Je n'ai pas remarqué de véhémence particulière et on peut retrouver ce genre de choses dans d'autres métiers lors d'audits ou de processus qualité bienvenus qui sont parfois mal vécus par ceux qui travaillent, croyant être remis en cause personnellement." Mais quand on s'investit analyste des médias, on a pas le droit de se laisser guider par son idéologie pour juger les faits." Moi j'attends de Miterrand qu'il soit un peu plus fin au niveau de la langue française entre autres. Et de quels faits et de quels jugements parlez-vous par exemple ? Je croyais que vous étiez juriste de formation...

Francois MITTERRAND 22/06/2007 17:38

Rebonjour,Une précision d'abord, je m'exprime en tant que "Mitterrand.2007", c'est à dire que j'essaye d'avoir un regard décalé sur ce que pourrait penser l'ancien président de la république aujourd'hui. En aucun cas je ne me compare à lui, que ce soit pour la finesse de la plume, la puissance du raisonnement ou une quelconque formation. Simplement, je tente de lui rendre un modeste hommage car j'admire son œuvre pour la France.Par rapport à ASI et Daniel Schneidermann, j'ai bien noté nos différents. Je vous invite à allez regarder le point de vue éclairé de Renaud Revel de l'Express sur son blog. Je partage son idée sur le sabordage que DS a lui même provoqué.Pour l'expression "donneur de leçon" elle a un sens particulier en français, je ne parlais pas au premier degré!Et de mémoire, plusieurs professionnels ont remis en cause le principe d'une émission qui critique sans elle même supporter la moindre critique!N'allons pas plus loin sur ce sujet, nous voyons bien l'émotion que cette décision soulève chez de nombreuses personnes et que nous n'analyserons de toute façon différemment. Peut-être y a-t-il d'autres sujets dont nous pourrions débattre, sujets qui seraient de nature à faire avancer le débat... Celui d'ASI est, qu'on le regrette ou non, clôt.

ropib 21/06/2007 09:59

On ne peut pas dire que l'objectivité demandée à Schneidermann se retrouve dans cet article ni dans le reste de votre site. Peu importe.En suivant sans intermédiaire ses déclarations je ne vois pas vraiment en quoi elles vous ennuient. D'une part comme tout entrepreneur (car il s'y est beaucoup investi au moins humainement et pas seulement dans son travail, je ne sais pas s'il a mis de l'argent mais être fétichiste au point d'oublier qu'il ne s'agit que d'un symbole d'un investissement est quelque chose de trop éloigné de moi) lorsqu'il voit son "bébé" mourir il est un peu atristé et ses réactions ne peuvent remettre en cause son professionnalisme. Ensuite il ne met pas en cause les politiques (je pense à raison, il y a des mouvements d'adhésion qui ne nécessitent pas nécessairement de donner des ordres, ce phénomène est complexe et en l'occurrence rien ne laisse supposer de l'opinion du gouvernement sur l'affaire). Il met en cause sa direction en vertu des informations dont il dispose et des relations qu'il entretient avec ses collaborateurs. Ce en quoi il a parfaitement raison puisqu'ils sont ses employeurs (au faut-il être tellement aliéné qu'on ne pourrait pas avoir une opinion de son employeur y compris lorsqu'il cesse de nous employer... ça irait très très loin, trop en fait si bien que c'est impossible même en employant que des animaux).Cette affaire n'est donc pas "politique" (directement, car indirectement tout peut être rattaché à la politique et c'est d'ailleurs ce qui fait sa valeur et tout son intérêt) mais la vie d'un salarié dans une entreprise. Aussi je trouve votre regard un peu abusif."Daniel Schneidermann est licencié et ça n'est pas un drame, le service public n'a pas besoin de donneurs de leçons perpétuels" Là en revanche je crois que vous vous trompez puisqu'en effet toute entreprise pédagogique est de donner une leçon. Maintenant le service publique doit-il être pédagogique ? Ca dépend du service. Par contre tout médias, publique ou privé, a pour objectif de rendre publique la vie de la Cité et ce pas "avant tout" mais plutôt "uniquement et pas autre chose". Personnellement je vois un lien très étroit avec la pédagogie tandis que le divertissement en est très éloigné par exemple.

Francois MITTERRAND 21/06/2007 10:29

Bonjour,Merci d'avoir pris la peine de donner votre avis.Daniel Schneidermann, par ses sous-entendus a lui même dénoncé une interférence politique et le fait que les dirigeants attendaient selon lui le second tour des législatives pour se décider.Ensuite être "donneur de leçon" n'a rien à voir avec être pédagogue... Enfin en ce qui concerne l'émission, j'estime, peut-être à tord, que les prises de positions trop fortes de son animateur vedette n'étaient pas de nature à crédibiliser sa démarche. Comment être pédagogue d'un côté et dénonciateur perpétuel de l'autre? Il manquait un équilibre. Je ne suis pas contre une émission politique plutôt orientée à gauche, comme un journal peut l'être... Mais quand on s'investit analyste des médias, on a pas le droit de se laisser guider par son idéologie pour juger les faits. Un peu d'équilibre aurait donc été souhaitable.Bien cordialement.

John 19/06/2007 23:11

Si c'est ridicule pourquoi retirer mes commentaires? Comme l'auteur anonyme de ce blog venez Adhérer à l'UMP et Devenez acteur du mouvement !Être adhérent de l’UMP, c’est être au coeur d’une formation moderne et démocratique, rassemblant des Françaises et des Français de tous âges, de toutes origines, de toutes conditions.Notre mouvement populaire se construit avec chacun d’entre vous.Imaginons ensemble la France d’après.Merci http://mitterrand.2007.over-blog.com/