Un vrai choix

Publié le par Francois MITTERRAND

Mes chers compatriotes,

En ce lendemain de premier tour, je suis heureux du message que vous avez adressé à l'Europe et au monde, un message clair et fort, qui montre à la fois votre grand intérêt pour la politique, et votre compréhension des enjeux de cette élection présidentielle. Il va falloir choisir, au delà d'une femme ou d'un homme, un projet pour faire évoluer le pays et qu'il rejoigne le reste du train européen qui ne nous attendra pas. Vous avez été très nombreux à voter, et vous avez signifié la fin d'une période ou les extrêmes pourrissaient le jeu politique français. En obtenant près des 3/4 des suffrages exprimés, les trois grands candidats démocrates et républicains ont refermé la parenthèse malheureuse de l'histoire de France qu'aura été l'ère Chiraquo-Jospiniste, ce duo qui a accompagné ce que d'aucuns ont appelé le "déclin français".
Une fois cette page tournée, et en ayant l'assurance que les deux participants du second tour ont une réelle volonté de changement, il va falloir maintenant choisir celui (ou celle) qui a le plus de chances de réussir ce changement, celui ou celle qui a la plus grande expérience, une stature et des propositions pour l'Europe et les affaires internationales, et qui saura dans le dialogue faire progresser les réformes si importantes que la France doit effectuer. À chacun de se faire sa propre opinion à ce sujet.
Cependant, il m'apparaît qu'après avoir vu les discours d'hier soir, Ségolène Royal n'a pas eu l'éloquence qu'on aurait pu attendre de quelqu'un qui ose se comparer à moi. En effet, d'un ton morne, et à un débit incroyablement lent - sans doute pour que personne ne soit perdu en route - elle a fait un bon discours sur le fond, mais le style n'y était pas.
Nicolas Sarkozy a lui su adopter un ton présidentiel. Bien qu'il ait eu un peu trop les yeux rivés sur son texte et qu'il ait lu un peu vite, sa voix sonnait plus juste et son message, rassembleur en a fait un prétendant encore plus sérieux à la fonction suprême.

Publié dans mitterrand.2007

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Gasper 01/05/2007 15:31

Oui, il faut le reconnaitre, tout detracteur de Royal (digne de ce nom) aura interet a s'en referer a ce pitoyable discours de Melle...
Oui, ce discours a été nullissime, la candiadte a été l'ombre d'elle meme.
heureusement, le lendemain matin, elle affichait de nouveau, couleurs aux joues et volonté tenace de l'emporter.
Oublions vite ce facheux episode.

Francois MITTERRAND 01/05/2007 15:36

Rebonjour,Ségolène n'a pas eu le temps ce soir là de s'approprier le discours qu'elle venait de ré-écrire après avoir entendu celui de son adversaire. Elle n'a pas mis la moindre passion dans ce discours, pas la moindre éloquence. Je pense aussi qu'elle essaye de cultiver une meilleure image depuis, mais c'est lors du débat de demain soir qu'elle conservera ou non une chance de l'emporter dimanche.Cordialement.

Christophe 30/04/2007 01:18

Je suis toujours très étonné de lire que Madame Royal est dite démagogique. D'autant qu'il n'ya pas grand argument ni exemple concret à vos propos.
"on l'a bien vu à 100 minutes pour convaincre"
Oui ? quoi ? qu'avons-nous vu ?
"BHL ou Jacques Attali nous disent qu'elle a des arguments plus profond"
Plus profond que quoi exactement ?

Pour l'entre-deux tours, à moins de ne pas vouloir voir, sa "main tendue" qui a conduit à un débat d'ouverture est quelque chose d'inédit dans notre république.
En quoi serait-ce démagogique ?

Et pour finir sur la démagogie et l'opinion, Mr Sarkozy ne s'est-il pas fait le champion toute catégorie avec des propos insultants, voire très graves.
Insultant à légard de son adversaire, la mettant dans un hypothétique "camp des fraudeurs et des voleurs".
Grave enfin car cela dépasse la simple polémique : quand il évoque le caractère inné de la pédophilie et du suicide ; quand enfin, il veut "élever" la France de son passé car elle n'a pas commis la "solution finale", il est à l'opposé de la dignité qu'exige un chef d'état, il est insultant à l'égard d'un pays ciment de l'Europe et fait naître des pensées dangereuses, réveille des démons que l'on réussissait à effacer grâce au processus pacificateur de l'Europe.

Qui mérite aujourd'hui d'être Président de la République ?

toto 27/04/2007 14:24

Les électeurs seraient ils analphabètes ou illettrés ? ne sont t ils pas capables de lire des programmes ?La télévision pollue les cerveaux anihile les moyens de réflexion.Bref au lieu de s'attarder sur des débats qui à mon sens ne relève que de la stratégie de communication,il serait peut être plus judicieux de mettre en regard les deux programmes en regard et voir lequel correspond le plus à nos idées.
Petit exemple flagrant :Je poursuivrai la politique de sécurité que j’ai
engagée depuis 2002. Dixit sieur Sarkozy.
Lorsque l'on sait ce que cela donne comme résultats ,pas au niveau statistique mais au niveau des sentiment d'une grande partie de la police cela laisse dubitatif.
De plus lorsque l'on connait le chiffre d'heures supplémentaire non payées à notre police nationale (travailler plus pour gagner plus dit il) cela prête a sourire (jaune j'en conviens)
Et les exemples ne s'arrêtent pas là.Je n'interviendrait qu'une seule fois sur ce forum parceque comme beaucoup de nos concitoyens M.Mitterrand ne manquera pas de se faire séduire par un homme qui au bout du compte ne fera qu'accentuer les inégalités....
Sur ce bien le bonjour chez vous

tazoulti 26/04/2007 13:14

Ségolène promet le paradis à tous les français; elle veut tout traiter socialement et sentimentalement, y compris les insurrections (structurelles) des banlieues, la crise du logement, les problèmes de sécurité, la crise identitaire...
Cela n'équivaut-il pas à de la démagogie, à du populisme ?
Peut-on gouverner la France en se contentant de dire systématiquement aux français : " tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil " ?
Tazoulti

Francois MITTERRAND 26/04/2007 15:22

Bonjour,Je ne pense pas qu'on puisse résumer Ségolène Royal à ce que vous dites, mais il est sûr quelle a joué un rôle dans l'importance prise par la démocratie d'opinion, en surfant sur la vague pendant la campagne du PS. Depuis, elle peine à démontrer - on l'a bien vu lors de son "100 minutes pour convaincre - qu'elle est capable de dire non.En ce qui concerne le traitement social et sentimental, il y a du vrai dans votre analyse, même si j'ose espérer que si elle était élue, elle ne se limiterait pas à cela. Des personnes comme BHL ou Jacques Attali semblent nous indiquer qu'elle a des arguments un peu plus profond, espérons que ce soit le cas! Mais il est regrettable qu'elle ne profite pas de l'entre-deux tours pour exposer de façon moins démagogique ses vraies idées.Salutations.

Christophe 24/04/2007 01:44

Pas de problème avec l'erreur de manipulation :)
Certes Mitterrand voulait sortir du gaullisme mais à contrario de Sarkozy, qui a le toupet de se réclamer de Charles de Gaulle, il n'a jamais remis en question les fondements de notre nation et il a aussi été l'artisan d'une certaine idée de la France.
Aussi, le siphonage des voix du FN s'est faite à prix lourd de glissement idéologique de la droite républicaine.
Pour la stratégie électorale, Royal s'emploie à rénover en profondeur le PS vers un parti réformateur moderne. Elle permet enfin aussi de s'affranchir de l'extrême gauche.
Justice sociale aussi : opérer les premières étapes de la privatisation de la sécurité sociale ne me porte pas à croire que Sarkozy ait le sens de la fraternité. En dehors des grandes causes nationales type Téléthon, j'ai vu, pour avoir vécu en Amérique du Nord, plusieurs fois des parents demander la charité pour leur enfant qui devait subir une lourde opération trop chère. En France cela n'existe pas. La société que Sarkozy nous prépare c'est la fin de cette protection et de ce bien public qu'est la santé.
Quand les acquis, que vous considérez comme des conservatismes, créent de la justice sociale, alors nous devrions être fier de les avoir et de les conserver.
Vous opérez à des glissements sémantiques très couramment utilisés par la droite pour justifier l'avènement d'une société du chacun pour soi.
Je ne suis pas contre le débats d'idées et je ne dis pas que la gauche est gentille et la droite méchante mais de se réclamer de François Mitterrand pour argumenter des thèses qui sont à l'antipode de ce qu'il défendait me paraît curieux.