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Mercredi 30 mai 2007
Bonjour à tous,

Vous souhaitez me voir commenter les mesures et réformes annoncées par le nouveau Président. Je pense que nous sommes toujours en période électorale et que les cadeaux fiscaux ne sont pour la plupart que des effets d'annonce, certes contestables, mais surtout électoralistes... Le plus choquant à mes yeux, était et reste l'allégement ou la suppression des droits de succession, qui est un pur scandale pour un libéral authentique. Cependant, Nicolas Sarkozy avait annoncé ces réformes, il n'est pas choquant qu'il s'y tienne... En ce qui concerne le bouclier fiscal par contre, je ne suis pas contre l'idée d'une limite à l'imposition, même si on peut discuter sur le 50%.
Ce qui m'importe le plus, ce sont les actes, les faits et gestes de Nicolas Sarkozy et de son équipe et je suis pour le moment globalement satisfait de ce qui s'annonce, surtout en politique étrangère ou Bernard Kouchner est en train de redonner petit à petit sa place à la France, ou en matière de politique européenne, domaine dans lequel la proposition de mini-traité européen prend forme, ce qui est positif étant donné qu'il est encore illusoire d'espérer faire adopter rapidement un projet aussi ambitieux que la Constitution l'était. Les français et les néerlandais l'ont tué, espérons qu'elle renaisse un jour afin d'aller vers ce fédéralisme, ces Etats-Unis d'Europe qu'Hugo avait imaginé, et que Robert, Schumann, Jean Monnet, De Gaulle, Adenauer, Giscard, Schmidt, Helmut Kohl et moi même avons tenté de faire progresser.
C'est triste pour les 18 pays qui souhaitaient aller de l'avant, pourtant il faut à présent relancer le chantier toujours primordial de la construction européenne. Et cela ne peut être fait que par des initiatives concrètes comme ce mini-traité.
D'autre part, en politique intérieure, la réforme du service minimum me semble être le préalable à toute autre réforme sérieuse sur les services publics en général, et notamment l'hôpital, l'éducation et les finances. Les cadeaux fiscaux aux plus riches font partie de la culture de la droite, par contre, elle n'a pas été capable en France de faire les réformes que ses consœurs européennes ont mises en place pour lutter par la seule politique efficace contre le chômage, la flexibilité. Pour autant, quand la gauche augmente les prélèvements obligatoires de façon démesurée, sans que les bénéfices de ces taux ne se fassent sentir, il y a aussi lieu d'être critique...
J'attendrais donc de voir les réformes précises avant de donner mon avis sur l'action du gouvernement, même si j'essaierais de donner des indications sur mes sentiments dans la suite de la campagne des législatives.
par Francois MITTERRAND publié dans : mitterrand.2007
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Mercredi 30 mai 2007
L'image “http://www.michel-moine.net/mon_weblog/images/montebourg_copie.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.


Mon cher concurrent bloggeur n'a pas écrit de billet hier... Peut-être la fatigue de son escapade de la veille au Mont Beuvray? Toujours est-il qu'Arnaud Montebourg m'irrite à imaginer que cette façon de copier mes actes lui confère une stature plus grande. Cet homme n'est qu'arrivisme et ambition, il aurait tout aussi bien pu faire carrière dans la finance ou la mafia!
Comme Laurent Fabius, dont il n'a pourtant ni l'intelligence, ni la stature présidentielle, il a osé sacrifier l'Europe à ses petits calculs personnels. Ce genre de personnage fait honte à la gauche française. D'ailleurs l'ancien porte parole de Ségolène Royal, n'a semble-t-il pas beaucoup d'honneur. S'étant récemment illustré notamment par sa déclaration sur le "défaut" de Ségolène (son compagnon), il a ensuite été mis au 'piquet' par la madone sur ordre du "culbuto" (cf. le bouquin du même nom).
Enfin, le plus ennuyeux chez cet homme, c'est qu'ayant fait de Chirac son De Gaulle, il en a déduit un peu vite qu'il avait un destin présidentiel. Pour la France, je souhaite qu'il se trompe!
par Francois MITTERRAND publié dans : mitterrand.2007
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Mardi 29 mai 2007
Bertrand Delanoë, le 6 janvier 2006.

L'hypothèse Delanoé

Les média français, que l'on accuse souvent trop facilement de "faire l'opinion" des gens ont repéré quelqu'un qui semble pour beaucoup être la seule alternative à Ségolène Royal au sein du Parti Socialiste. Il faut dire que la tâche leur a été facilité par le fait que le nouveau Président de la République lui même a pris plaisir à mettre en valeur le maire de Paris. Quelles leçons tirer de cette soudaine mise en avant de Bertrand Delanoé comme leader potentiel de la gauche et/ou du PS?
Je connais bien les qualités du maire de Paris, que j'avais souhaité voir évoluer à Paris très tôt au début des années 1980.
Le grand public a découvert Bertrand Delanoé en 2001, lors d'un débat resté dans les mémoires contre Philippe Séguin. En effet, le débat sur le traité de Maastricht avait démontré la grande pugnacité de Philippe Séguin et son talent de "débatteur". Il n'y avait nul doûte pour toute personne ne connaissant pas Bertrand Delanoé, que Séguin n'allait faire qu'une bouchée de cet homme a l'apparence discrète et distinguée. Et pourtant, ce soir là, nombre de français ont découvert une personnalité au charisme impressionnant, qui semblait savoir parler des sujets de société de façon moderne, un homme politique dont l'envergure semblait plus importante que la moyenne, quelqu'un qui méritait de diriger une ville comme Paris. Depuis son élection, Bertrand Delanoé a démontré qu'il avait effectivement le niveau requis pour être maire d'une très grande ville.
Cependant, maintenant que la question est posée, peut-on imaginer que sa méthode qui n'a pas trop mal réussi à Paris (bien qu'il y ait aussi un passif assez lourd dont nous parlerons plus tard), sa politique puisse s'appliquer à l'échelle de notre pays?
Si on en reste au dernier maire de Paris en date ayant accédé aux plus hautes fonctions, Jacques Chirac, on ne peut sous estimer le fait que ce dernier a aussi été deux fois premier ministre avant d'être élu en 1995. Son bilan n'étant d'ailleurs pas glorieux, ne nous attardons pas sur son cas. Ce qui est intéressant, c'est de remarquer que bien qu'étant membre du Conseil National du PS, Bertrand Delanoé n'a jamais eu de responsabilité nationale, ce qui manque fortement à son expérience, bien qu'il soit sans doute capable d'assumer de telles fonctions. Au niveau idéologique, ses positions sont souvent dans une ligne jospiniste et sa position au sein de l'appareil socialiste ne l'a pas aidé à  faire vraiment évoluer le parti. Il ne semble pas envisager le socialisme du XXIème siècle comme une doctrine sociale libérale clairement assumée. Il a d'ailleurs été parmi les derniers soutiens à une nouvelle candidature de Lionel Jospin avant de se "résigner" à soutenir la candidate choisie par les militants du Parti. Rien de totalement original donc sur ce plan là, alors que la gauche a cruellement besoin de se rénover idéologiquement, après avoir souffert sous Lionel Jospin par un certain sectarisme, ainsi que le parasitage effectué à leurs postes respectifs par la plupart des ministres et secrétaires d'état communistes, ainsi que par la ministre qui a affiché le pire dogmatisme à savoir Martine Aubry dans l'application de ses fameuses lois de "modernisation sociale", instaurant la régression que les 35 heures ont favorisées pour l'économie française.
Alors, certes Delanoé est une hypothèse non négligeable, il a des convictions chevillées au corps, et contrairement à Ségolène Royal, il sait faire un vrai discours.
Pourtant, je ne crois pas qu'il représente LA solution à l'heure actuelle et j'espère qu'une fois la passe d'arme du 17 juin au soir achevée, d'autres personnes sortiront du lot pour emmener la gauche vers sa modernisation. Malheureusement, c'est loin d'être gagné à l'heure actuelle. Dans tous les cas, bonne chance à lui pour sa réélection à Paris, espérons qu'il se rende compte lui même s'il est réélu de la stupidité du traitement de certains dossiers, notamment le PLU (plan local d'urbanisme) qui contient le meilleur (les 25% de logements sociaux) comme le pire (le nombre de place de parking par logement...).

En bonus : le lien vers l'interview du maire de Paris sur RTL ce matin...
http://www.rtl2007.fr/chroniques/invite/0/bertrand-delanoe-7136.html

PS : je cherche la vidéo ou au moins un extrait du débat de 2001 avec Philippe Séguin, si un lecteur sait ou la trouver...
par Francois MITTERRAND publié dans : mitterrand.2007
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Jeudi 24 mai 2007
Mes chers lecteurs,

Une fois n'est pas coutume, je préfère laisser la parole à Jacques Attali qui analysait il y a 3 mois déjà de façon lumineuse les enjeux du monde et de la France.
Je reviendrais commenter l'actualité politique sous peu.

 


Bonne journée à tous.
par Francois MITTERRAND publié dans : mitterrand.2007
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Mercredi 23 mai 2007
Bonjour,




Je me dois de rendre ici hommage à l'un des plus grands scientifiques français qui s'est éteint vendredi dernier. Pierre Gilles de Gennes est mort et avec lui une certaine idée de la recherche scientifique. J'avais eu le plaisir de rencontrer cet homme brillant et anticonformiste notamment lors du transfert du couple Curie au Panthéon en 1995. Il avait ce jour la fait un grand discours qui m'avait poussé à faire quelques rectifications mineures au mien qui venait ensuite.


Voici une citation de ce grand homme que je vous laisse méditer :

« Globalement, ce que je déteste le plus dans les Écoles, c'est l'autosatisfaction – des maîtres, des élèves et des anciens élèves. D'elle vient le conservatisme ; et cette notion absurde du "droit à vie" .» in Les Objets fragiles, pp 235-241, Plon, 1994

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La photo officielle du 23ème président de la République Française est désormais connue, et ornera les mairies et écoles de nos communes sous peu. Je trouve que cette photo n'est pas particulièrement réussie, notamment à cause du déséquilibre que donne la main absente.
Même si le retour à la bibliothèque est salutaire, Nicolas Sarkozy n'a pas osé me copier avec un livre ouvert (a-t-il seulement lu Les Essais de Montaigne?), ni arborer le 'costume présidentiel' comme l'avait fait Georges Pompidou. La page Chirac semble en tout cas close, ainsi que l'épisode VGE dont le portrait présidentiel avec un drapeau faisait plus affiche de campagne que Président en exercice.
http://journald-unamateur.hautetfort.com/images/medium_de-gaulle-president-photo.jpghttp://www.africapax.org/images/memoire_hommes/1/Pompidou%5B1%5D.jpghttp://journald-unamateur.hautetfort.com/images/medium_giscard_d_estaing.2.jpghttp://www.rfi.fr/actufr/images/073/mitterand_officielle200.jpghttp://publiciste.blogspirit.com/images/medium_chirac.2.jpg

La présence des deux drapeaux français et européen côte à côte est de bon augure sur l'engagement européen du nouveau président, qui après avoir rencontré Tony Blair et Angela Merkel se rendait aujourd'hui à Bruxelles pour une visite au président de la Commission Européenne José Manuel Barroso. L'entrée en scène du drapeau européen est une véritable reconnaissance de la vocation européenne de la France, même si cela semble faire écho au décor des allocutions de Jacques Chirac qui privilégiait déjà la présence des deux drapeaux.

 


Et vous quelle est votre analyse de cette photo?
par Francois MITTERRAND publié dans : mitterrand.2007
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