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Commentaires Récents

Mercredi 22 août 2007
Pour Manuel Valls, député-maire d'Evry, ©Le Figaro

Alors qu'un sondage assez surréaliste place Dominique Strauss-Kahn largement devant Ségolène Royal pour rénover la gauche (un peu tard peut-être, non??!), Manuel Valls accorde une interview au Figaro qui fait déjà parler d'elle et dans une certaine mesure espérer qu'il soit un des rénovateurs essentiels du parti socialiste. Car il faut le souligner et s'en réjouir, Manuel Valls, décidément de plus en plus ouvert (est-ce bien le même qui était au départ contre le TCE?), a les mots du bon sens lorsqu'il déclare vouloir sortir le PS du "carcan des courants" et surtout reconnaît, fait notoire pour un jeune dirigeant socialiste, qu'une bonne partie des idées du Parti sont éculées et qu'il faut enfin dire clairement que le parti est pour l'économie de marché  et contre une société d'assistanat. Il fallait du courage et de l'honnêteté intellectuelle pour répondre ainsi à cette interview, cela place la rentrée socialiste sous de meilleurs auspices après une période noire liée à la dame aux tailleurs blancs...
par Tonton publié dans : mitterrand.2007
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Mardi 21 août 2007
Bernard Kouchner lors de sa visite surprise à Bagdad, le 19 août 2007. | REUTERS/POOL© Reuters/Pool

Bernard Kouchner a effectué la première visite d'un ministre des affaires étrangères français en Iraq depuis la guerre entamée en 2003 par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et leurs alliés. Les commentaires les plus acerbes ont accompagné cette visite, notamment à gauche, ou Jean-Pierre Chevènement ou Noël Mamère ont pu utiliser l'anti-américanisme encore vivace en France pour distiller leur venin à l'encontre de ce déplacement. J'étais pour ma part sur une ligne proche de celle de Bernard Kouchner à l'époque, à savoir "ni la guerre, ni Saddam". J'estime que cette visite devait avoir lieu pour marquer une fois de plus, dans ce domaine fondamental qu'est la politique extérieure de la France, une rupture avec  les années Chirac. Les français n'ont pas encore réalisé que la position défendue d'Olivier Besancenot à Jean-Marie le Pen et porté avec le clinquant qu'on lui connaît par un Dominique de Villepin exalté, position toujours approuvée par nos compatriotes aujourd'hui, était stupide car elle ne permettait pas de négociation diplomatique. En poussant à une radicalisation des positions avec cette menace de veto surréaliste, les français ont précipité la guerre et joué pour beaucoup dans l'impréparation qui l'a accompagnée, ne rendant de service à personne. Il n'est de pire ignorant que celui qui refuse de voir la réalité en face, c'est bien selon ce principe que Jacques Chirac a gouverné le pays en suivant le peuple et flattant ses bas instincts (notamment sur l'Europe avec les résultats que l'on connait). Aujourd'hui, il semblerait que toute une certaine élite, anti-sarkozyste par principe, ait réussi à convaincre jusque dans les rangs réputés à droite, les chroniqueurs et bloggeurs qui s'expriment le plus, que Nicolas Sarkozy était en train de se 'chiraquiser' et qu'au fond sa rupture n'était que du vent. Je suis moi même déçu qu'il ne soit pas possible de réformer plus vite, notamment en ce qui concerne le service minimum ou la diminution du nombre de fonctionnaires.  Pourtant, tout a changé, la pratique du pouvoir, comme les réactions des français depuis que le nouveau président est entré en fonction. Il y a beaucoup de points, notamment sur sa manière de communiquer sur lesquels on peut émettre des doutes. Mais au fond, comment peut-on lire ici et là tant de commentaires déplaisants sur chacun des faits et gestes du président pour ses 100 premiers jours? Qu'il agace, soit, c'est indéniable. Mais il faudra juger l'efficacité et sur ce plan là, j'ai espoir qu'on continue à voir de bonnes choses. Dans un pays si sclérosé que chaque mouvement est 'sur-analysé' et constamment critiqué, il  y a quand même un certain plaisir à voir les choses bouger petit à petit.  L'Iraq est un symbole fort, mais pendant ce temps, la politique industrielle qui commence à se dessiner  à des contours ambitieux et devrait permettre de relancer les investissements, ce qui est primordial pour l'économie du pays et la croissance. D'autre part, la mission dont Jacques Attali a pris la tête devrait faire des pronostics utiles et qui dépasse les clivages habituels pour enfin remettre le pays sur les rails. Nous vivons une période exaltante, je vous invite donc, chers lecteurs, ainsi que mes confrères chronico-bloggeurs à un peu d'optimisme pour cette rentrée!
par Tonton publié dans : mitterrand.2007
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Jeudi 16 août 2007
Bonjour à tous,

Vacances en famille © Institut François Mitterrand/Courtesy éditions Phyb

Et tout d'abord mes excuses pour ma longue absence... Une mission (qui n'était pas confiée par Nicolas Sarkozy ou François Fillon rassurez-vous), m'a tenu éloigné d'internet pendant deux semaines (cf. photo du même type de mission il y a 50 ans).
Cette absence plutôt involontaire m'a permis de prendre un peu de recul sur cette actualité débordante qui nous a envahi ces derniers mois. Cela tombait bien, cela coïncidait avec les vacances du Président de la République qui ont permis aux journalistes de prendre eux aussi des vacances : plus rien à se mettre sous la dent si ce n'est des discussions sans fin sur une photo torse nu, ou l'absence de Cécilia à l'invitation de la famille Bush...
J'ai donc décidé d'attendre des éléments politiques importants pour m'exprimer à nouveau régulièrement, car je ne peux me résoudre à discourir sur des catastrophes naturelles comme les innondations au Royaume-Uni ou le séisme qui vient de frapper le Pérou!
Je marque juste au passage mon soutien à la volonté de la ministre de l'intérieur (en sursis, vu ce qui pourrait l'attendre en liaison avec l'affaire Clearstream) d'augmenter la vidéo-surveillance et je vous encourage à lire l'excellente interview que Jacques Attali a réservé à Libération hier sur la crise du crédit qui produit plus qu'une simple correction sur les marchés financiers....
À très bientôt.
par Tonton publié dans : mitterrand.2007
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Jeudi 26 juillet 2007
Tout d'abord, mes excuses à Nico, qui a visiblement mal pris que je ne compte pas pour une véritable reconnaissance de la bonne nouvelle que constituait la libération des infirmières bulgares et du médecin palestinien, les quelques phrases noyées dans l'attaque ôh combien sévère - et à mes yeux assez injuste - contre le couple présidentiel. Bonnes vacances à lui, j'espère que le débat pourra continuer à son retour! Je n'avais en tout cas aucune volonté d'être blessant.

Jacques Attali© SIPA
Passons aux nouvelles qui m'ont touché ces derniers jours, notamment l'acceptation d'une mission sur les freins à la croissance par Jacques Attali et les déclarations incroyables de Michel Rocard. Jacques Attali est un homme extrèmement brillant que la gauche aurait du solliciter plus souvent plutôt que de gloser sur un personnage objet de jalousies nombreuses au PS... Il a accepté à la demande de François Fillon de présider une commission de réformes, qui contiendra des talents divers et cherchera à lutter contre les freins à la croissance. Les problèmes de la France sont connus pour la plupart, mais il est sain que des économistes, des personnalités du monde de l'entreprise et des politiques se réunissent pour analyser sans à priori les réformes les plus urgentes dont notre pays a besoin. Les domaines qui peuvent faire l'objet de recherches sont nombreux, mais ils concerneront sans doûte l'éducation (ou le plan éducation 21 que j'ai déjà abordé ici est une piste de réflexion intéressante), le coût du travail en France et sa compétitivité en général, le problème des exportations (l'euro fort n'est pas un frein pour les allemands ou les italiens)... Il faut que Nicolas Sarkozy se rappelle de ses promesses concernant la libération de la créativité, la fin des entraves bureaucratiques qui essouflent le pays etc. Le travail de cette commission devrait l'aider à mettre en place des réformes efficaces, qui bénéficient d'un consensus au centre gauche et au centre droit, après la période ou il a du satisfaire en tout premier lieu son électorat. Il a voulu être le président de tous les français, il semble que le choix de Jacques Attali, après les autres talents de la gauche venus à lui de telle ou telle manière est une bénédiction pour le pays. Ce qui se met en place, c'est une sorte "d'Union Nationale" sur quelques sujets majeurs, ceux dont la France a le plus besoin pour passer le mauvais cap dans lequel la politique de Jacques Chirac l'avait engouffrée. Les socialistes pourront continuer à hurler au loup, les français ne sont pas si stupides et ont bien compris, malgré leur profonde allergie aux réformes, qu'il était temps de faire quelque chose.

Ségolène Royal reçoit des mains de Michel Rocard son rapport sur les enjeux du numérique, le 5 avril dernier.Meyer/AFP© Meyer/AFP

Une autre information m'a quand à elle beaucoup divertie : Michel Rocard assurant à ... Paris Match (!) que Ségolène Royal était "fichue" dès le mois de mars (ce qui n'est pas une surprise), mais surtout confirmant qu'il lui avait proposé (à elle) de se désister en sa faveur (à lui). J'ai du lire cette information plusieurs fois et la retrouver dans plusieurs journaux différents avant de comprendre qu'il n'y avait pas de coquille, le désistement était bien en faveur de Michel Rocard (et non de Dominique Strauss-Kahn, par exemple, ce qui aurait été plus légitime d'une certaine manière). Rocard, à son âge, après toute sa carrière politique n'a toujours pas compris comment marchait ce milieu dans lequel il n'est au final pas à l'aise. Sa grande intelligence doit l'empêcher d'avoir le moindre sens tactique et en l'occurence, le moindre tact. Je suis loin d'être un défenseur de la candidature de Ségolène Royal, je pense qu'elle n'était pas prête - si jamais elle pouvait l'être un jour. Mais j'imagine qu'elle a du avoir un moment d'incrédulité en voyant ce vieil homme la prier de lui laisser la place! Elle, qui est persuadée de représenter à travers son sourire, sa jeunesse et son ambition, l'avenir du Parti, elle qui est connue pour son attachement à moi (bien qu'elle n'ait retenu que bien peu de mes leçons...), renoncer en faveur d'un homme retiré de la vie politique? De quelqu'un qui m'a combattu violemment pour imposer sa candidature face à la mienne? Mais que croyait-il?? Il aurait peut-être permis à François Bayrou d'affronter Nicolas Sarkozy au second tour et éviter ainsi la victoire de ce dernier... Mais il ne pensait quand même pas, sur sa simple popularité d'homme sorti du combat pouvoir se replacer au centre du jeu?! Si? Je n'arrive à y croire! Et vous qu'en pensez-vous?

Ajout d'un PS : à ce sujet voir la note de Banquise Tropicale.




par Tonton publié dans : mitterrand.2007
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Mardi 24 juillet 2007
François Fillon, Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner, lors d'une conférence de presse, mardi matin.Verdy/AFP©Verdy/AFP

Il est troublant de voir certains médias perdre leur capacité à prendre du recul quand ils sont confrontés aux actions du nouveau président de la République. Pourtant, je trouve que les réactions qui sont générées par une presse jugée "complaisante" sont tout aussi extrémistes, si ce n'est plus dans leurs analyses. En effet, sous prétexte de rétablir un certain équilibre, ce qui serait louable, certaines plumes politiques, des journalistes et nombre de célèbres bloggeurs en profitent pour cracher tout leur venin sur Nicolas Sarkozy et son action. C'est dommage, car cela nuit à mon sens à la qualité d'un débat qui ne peut se tenir sereinement.

Les infirmières ont été accueillies par leurs familles à Sofia, mardi matin.Dilkoff/AFP©Dilkoff/AFP

Il y a d'un côté les gens, qui majoritairement accordent leur confiance au président sans se poser trop de questions et dans cette majorité les sarkozystes purs et durs qui ne peuvent supporter une remise en cause de leur idole. On entend pas beaucoup ces personnes et leur point de vue importe peu. Le président se défend lui même des attaques de la seconde catégorie, tous ceux qui ont eu la gorge serrée à l'annonce de sa victoire, beaucoup d'entre eux pas vraiment 'Royalistes', mais tous persuadés que ce qui nous attendait était très négatif avec cet homme là. Certains dans cette catégorie se taisent aujourd'hui et sont parfois même surpris (positivement même, d'ou sa popularité à plus de 70%) de l'attitude du chef de l'état. Mais d'autres ont gardé une rancœur inexpiable à la bouche. Ils ne veulent voir dans la présidence nouvelle que ses errements et sans forcément être de mauvaise foi, analysent l'actualité à travers le prisme déformé de la haine et du mépris que leur inspire le personnage. C'est une grave erreur, car ces hommes et ces femmes, souvent de qualité, brouillent le débat et favorisent ainsi tous les amalgammes qui s'ensuivent. Dernier exemple en date, la libération des infirmières bulgares emprisonnées en Lybie jusqu'à aujourd'hui a fait naître des réactions au PS dont je parlais dans mon post précédent. J'ai ensuité consulté les réactions de mes confrères bloggeurs pour voir avec désolation qu'aucun d'entre eux (Lancelot, Versac, Pierre Catalan, Nico et son bistrot politique...) ne commence par se féliciter de la libération et reconnaître que la France et donc NS a pu y jouer un rôle. Ce qui retient l'attention de mes brillants confrères, c'est le traitement qu'en ont les médias. On peut bien entendu trouver de l'intérêt à une analyse de ce type, mais il ne faut pas tout mélanger et en vouloir à Sarkozy de son style en conférence de presse. Il donne l'image qu'on attend de lui et qui a jusqu'à maintenant réussi. Pourquoi lui en vouloir de la sorte? Parce qu'il ne fait pas assez la part belle au rôle joué par la commission européenne dans cette affaire? Mais si cette libération a attendu d'aussi longues années, ne peut-on au contraire penser que c'est aussi en partie à cause de la lourdeur bureaucratique de Bruxelles? Je ne conteste aucunement l'efficacité diplomatique de Bénita Ferrero-Waldner, mais cette dame ne pouvait, par sa fonction et le fait qu'elle avait des comptes à rendre aux représentants de 27 (!) pays avoir la même liberté dans les négociations que le président français. Le rôle joué par les autorité Qatariennes pour faciliter la médiation a été semble-t-il estimable et les accords secrets entre France et Lybie ont sans doûte pesés lourdement dans la balance. Au final, le constat est donc plutôt positif. S'il faut bien entendu ne pas oublier que Kadhafi n'est pas un enfant de chœur et espérer que le chemin qui rapproche la Lybie des autres nations européennes la conduira à terme vers la démocratie, on ne peut que se réjouir de ce dénouement heureux qui signe la fin d'une longue crise et va permettre de faire reprendre des relations commerciales plus stables et favoriser l'implantation des grandes entreprises françaises dans ce pays. Là bas comme ailleurs, on fera reculer les extrémismes par le commerce et l'enrichissement des individus. À plus long terme, la persistance des énormes inégalités qui touchent la population seront probablement la raison de l'effondrement du régime lorsque la fin du rêgne du "guide suprême" aura enfin lieu.

AJOUT :
Je viens d'écouter l'analyse pertinente de Serge July, qui dans sa chronique sur RTL analyse très bien cette histoire et rappelle les liens entre le président, ancien ministre de l'intérieur et le chef des services secrets lybiens.
par Tonton publié dans : mitterrand.2007
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